Nombreux sont ceux qui connaissent le Boulevard Nangui Abrogoua, l'Université Nangui Abrogoua. Cependant, on peut compter du bout des doigts les personnes qui connaissent la personne de Bangui Abrogoua à fortiori son histoire.
En 2012, l'Université Abobo-Adjamé à été rebaptisée Université Nangui Abrogoua. Vivement qu'il s'agit du nom d'un personnage historique, mais combien se sont fait curieux. D'autant plus qu'après un Boulevard entier à son nom, c'est le monde Académique qui voit l'un de ses sentiers porter ce nom vraisemblablement mythique.
À travers cet article, je n'ai nullement la prétention de retracer l'histoire de ce grand homme, fer de lance d'une époque apparemment peu connue de notre génération. Je veux lui rendre hommage en rappelant un tant soit peu qui il était. Peut-être certains oseront pousser plus leur curiosité.
Revenons-en à l'homme !
Chef d'une grande famille et Père d'une vingtaine d'enfants, Nangui Abrogoua fût un grand propriétaire terrien du peuple Djémian et Chef des Tchaman (Ébrié) de Bidjan, actuel Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire. À l'arrivée du colonisateur français, une menace pesait sur la propriété des terres Ébrié et cet homme a été pendant des années l'artisan de la négociation de ces propriétés. Ce rôle lui a imprimé une grande place iconique dans le marbre des personnages historiques emblématiques de la Côte d'Ivoire.
Né vers 1848 et mort vers 1938, Nangui Abrogoua vivait sur l'île Boulaï, dans le flanc lagunaire mais originaire du village d'Abidjan-Adjamé. Jusqu'à ce jour, la lignée impériale a été conservée et l'un de ses petits-fils est Chef de la Communauté des Djémian.
Aujourd'hui, notre époque, avec ses contingences de modernité, donne peu d'égard à la rétrospection des peuples. Exercice pourtant crucial pour forger un caractère populaire nécessaire à la construction nationale.
D'ici peu, je reviendrai sur les noms des différentes communes d'Abidjan afin de resituer cette grande métropole dans son contexte historique.
Mon ambition ? Dire à notre génération que nous marchons sur une histoire. Il faut la connaître !
Chifôl Idriss